Mercredi 24 octobre 2007
Que les Prières et les Salutations d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !


Les lois ou les statuts concernant les bases fondamentales ou les branches de la religion ne peuvent être effectifs sans fournir deux paramètres : remplir les conditions et voir exclure toute restriction(1)



L’auteur a dit : ce principe est extraordinaire, il concerne tous les domaines de la religion que ce soit au niveau des bases fondamentales ou au niveau des branches.


Deux paramètres doivent indubitablement y être fournis ; pour qu’une loi soit effective, il faut remplir les conditions et voir exclure toute restriction. Si les conditions étaient remplies dans une question donnée sans que les restrictions soient exclues, la loi ou le statut en question n’est pas valable. Prenons l’exemple des Versets concernant la menace (Wa’îd) contre l’auteur de certains péchés. Il est certes concerné par cette menace exprimée par les Textes ; mais il est possible qu’une restriction quelconque empêche de lui voir appliquer le châtiment à l’exemple du repentir, de la prière des musulmans en sa faveur, des malheurs survenus dans sa vie,(2) ou tout autre facteur venant effacer les péchés.

La prière est un autre exemple : il est impératif de remplir la condition de la purification. La prière n’est pas valable si l’on décide de la faire sans s’être purifier au préalable, pour n’avoir pas rempli cette condition. En relation avec ce principe, nous avons les questions du Takfîr (taxer quelqu’un d’apostat), Tabdî’ (taxer quelqu’un d’innovateur), et Tafsîq (taxer quelqu’un de pervers). Ce domaine est à l’origine de bon nombre de conflits et d’épreuves comme il a fait perdre la tête à beaucoup de gens ; il a énormément remué les passions et il a engendré maintes opinions contradictoires.(3)

Il faut savoir pourtant que la position des traditionalistes, conformes au chemin des anciens dans des domaines aussi grave que le Takfîr, le Tabdî’, et le Tafsîq, c’est d’avoir recours au détail (Tafsîr).(4) Cela consiste à dire que les innovateurs ne sont pas tous au même niveau.
S’il est possible de taxer de façon définitive certains innovateurs d’apostats pour avoir proférer une parole ou avoir commis un acte d’apostasie dans la mesure où les conditions pour le faire soient remplies et où toute restriction en est exclue.
Cela n’est pas forcément vrai concernant l’innovateur qui ne rempli pas les conditions pour se voir condamner ainsi.(5)

Par ailleurs, la question de condamner les innovateurs d’apostats, et la question du Takfîr en règle générale, repose sur les deux principes suivants qui sont très importants :

1-l’énoncé explicite des Textes du Coran et de la Sunna que telle parole ou tel acte implique l’apostasie.
2-Que le statut en question (Takfîr) soit applicable à une personne en particulier de sorte que les conditions du Takfîr la concernant soient remplies et que toute restriction à le faire soit exclue.(6)

Ces deux principes sont valables également pour la question du Tabdî’ ou du Tafsîq. Autrement dit d’une part, vérifier selon l’énoncé explicite des Textes, que telle parole ou telle action innovée relève effectivement de l’innovation ou de la perversité. D’autre part, vérifier que le statut en question (Tabdî’) soit applicable à une personne en particulier de sorte que les conditions du Tabdî’ soient remplies et que toute restriction à le faire soit exclue.(7) Certes Dieu Seul sait !

Que les Prières et les Salutations d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !


Voir : Kun Salafiyan ‘ala el Jadda de Sheïkh ‘Abd e-Salâm e-Suhaïmî.

Traduit par :
Karim ZENTICI


Notes:

1-Sharh el Qawâ’id e-Sa’diya (p. 89).
2-Idem.
3-Voir Mawqif Ahl e-Sunna wa el Jamâ’a min Ahl el Ahwâ wa el Bida’ (p. 237/1).
4-Une certaine opinion refuse catégoriquement de condamner d’apostat les adeptes de l’Islam et elle ne reconnaît pas la question du Takfîr (les Murjites ndt.). Une autre tendance condamne au contraire sans condition tous les innovateurs d’apostasie ; elle prétend qu’ils n’ont plus aucun lien avec l’Islam. Cependant, les deux attitudes sont erronées et elles vont à l’encontre des Textes. Sheïkh el Islam ibn Taïmiya a fait remarquer qu’il est erroné d’attribuer l’une de ces opinions à l’une des grandes références parmi les anciens. Il affirme que la bonne attitude s’avère dans le détail (discerner entre les cas). Sa position correspond exactement à celles des grandes références parmi les anciens.

5-Voir : Majmû’ el Fatâwâ (7/337-340). Voir Majmû’ el Fatâwâ (3/352-354, et 12/497-498), sharh el ‘Aqîda e-Tahâwiya (338-340) ; cette question est traité en détail dans l’analyse très intéressante que notre frère le cher D. Ibrahîm ibn ‘Âmir e-Rahaïlî a faite dans son précieux livre : Mawqif Ahl e-Sunna wa el Jamâ’a min Ahl el Ahwâ wa Bida’ de Sheïkh Ibrahim e-Ruhaïlî. (1/163-235).
6-Idem.

7- Idem. Concernant la question du Tabdî’, Sheïkh el Islam ibn Taïmiya souligne dans Majmû’ el Fatâwâ (414/35) : « La Bid’a par laquelle nous pouvons considérer que son auteur est un Mubtadi’ correspond à toute initiative connue chez les savants traditionalistes pour être contraire au Coran et à la Sunna à l’exemple de la Bid’a des Kharijites, des Râfidhites, des Qadarites, et des Murjites. »
En définitive, nous pouvons déterminer le critère pour juger une personne de Mubtadi’ en disant qu’il correspond à l’auteur de toute innovation répandue chez les savants traditionalistes pour être contraire au Coran et à la Sunna en dehors des questions subtiles dans lesquels certains gens ne peuvent discerner la vérité. L’auteur d’une telle innovation est un Mubtadi’ qu’il fasse partie des savants ou du commun des gens (‘Awâm). Quiconque exhibe une Bid’a, nous disons que c’est un Mubtadi’. Cela, en ce qui concerne le jugement sur terre. Quant au jugement dans l’Au-delà, nous pouvons dire que le Mubtadi’ auprès d’Allah c’est celui qui l’est vraiment au fond de lui de sorte qu’il soit conscient de commettre une innovation. Si tel n’est pas le cas, il sera excusé auprès d’Allah. Dans ce point précis, il n’y aucune différence entre le savant et le ‘Ammî comme il n’y a aucun différence entre la Bid’a notoire (répandue) et celle qui ne l’est pas. Comme nous ne connaissons pas les cœurs, nous avons établi ce critère pour le jugement terrestre. Quant au jugement dans l’Au-delà, Allah rétribue les personnes pour ce qu’ils cachent dans leur cœur. Ainsi, nous ne pouvons juger les gens sur terre qu’en fonction des apparences. Nous nous faisons une bonne opinion de quiconque nous offre une bonne apparence mais s’il nous montre autre chose, nous aurons alors une mauvaise opinion de lui sans connaître pour autant le fond des coeurs. Nous ne sommes pas responsables de ce que la personne cache au fond d’elle-même. L’amour et la haine en Allah (el Walâ wa el Barâ) doivent être fondés uniquement sur les apparences. Nous ne sommes pas mieux que le Prophète et n’avons pas plus d’entrain que lui à voir guider les autres sur le bon chemin. Il ne nous est pas demandé d’ouvrir les cœurs et de sonder les intentions cachées. [Voir : Mawqif Ahl e-Sunna wa el Jamâ’a (1/123-125)] (N. du T.)


Source :

http://www.alminhadj.fr


par salafidunord publié dans : Dossier sur les Takfiris
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Vendredi 16 février 2007

Par le grand savant : cheikh Sâlah Al-Fawzân (qu'Allah le présèrve)


Voici, avec l'aide d'Allah, une séléction de fatawas du grand savant : cheikh Sâlah Al-Fawzân concernant des questions à propos de Takfir, Irjaa, Hakimiyya, groupes actuels, doutes vis-à-vis du jihad, mise en garde de certains déviants, l'explication et la manière de faire la prêche (da'wa), les activités terroristes etc...

Question n°1 :

Est-ce que ceux qui adoptent l'idéologie des khawaridj sont présent de nos jours ?

Réponse n°1 :

Allah est éloigné de toute imperfection ! Ce qui est en train de se passer actuellement, n'est-il pas dû aux actions des khawaridj ? Et ils déclarent les musulmans mécréants, et plus grave que cela est le meutre des musulmans et l'injustice envers eux par le biais des activités terroristes.
Et cela est la voie des khawaridj, elle comprend 3 aspects :

 

premièrement : le takfir des musulmans (les déclarer mécreants) ;

 

deuxiemement : la désobéissance aux gouverneurs ;

 

troisièmement : rendre licite le sang des musulmans.

 

Ceci est la voie des khawaridj, et même si une personne croit à cela dans son coeur et n'en parle pas ou ne le montre pas par les actes, il sera toujours un khariji (adepte de la secte des khawaridj) dans sa croyance et son opinion, bien qu'il ne l'exprime pas ouvertement.

Question 2 :

Est-ce que les khawaridj sont considérés comme faisant partie des gens de la qiblah ? Et est-ce que quelqu'un peut prier derrière eux ? Et quelle est la règle générale concernant ceux derrière qui il est permis de prier parmi les gens de la qiblah ?

Réponse 2 :

Les savants ont divergé quant aux khawaridjs si ils sont mécreants ou simplement égarés et pécheurs. Et l'avis qu'ils sont mécréants est le plus proche de la vérité puisque les preuves indiquent qu'ils sont mécréants. Quant à prier derrière eux, alors cela n'est pas permis, excepté lorsqu'ils ont l'autorité sur la nation, comme cela a été mentionné par les savants. Dans ce cas, le musulman devrait prier derrière eux et ne pas abandonner les prières en commun.

Question 3 :

Est-ce que celui qui rend mécreants les gouverneurs et appelle les musulmans à se révolter contre les gouverneurs, doit être considéré comme faisant parti des khawaridj ?

Réponse 3 :

Ceci est la voie des khawaridj. Quand un individu rend permis la révolte contre les gouverneurs musulmans, et pire que cela est le fait de les déclarer mécreants. Ceci est la voie des khawaridj.

Question 4 :

Quelle est votre position à propos de ceux qui rendent mécréants les gouverneurs musulmans actuels dans leur totalité ou en particulier (en totalité = rendre TOUS les gouverneurs musulmans mécréants, en particulier = rendre CERTAINS gouverneurs mécréants) ?

 Sont-ils considérés comme des khawaridj ?

Réponse 4 :

Ceux qui déclarent les gouverneurs musulmans mécréants dans leur totalité, alors ceux- là sont les plus extrêmes des khawaridj car ils n'excluent personne , et donnent le jugement de mecréance sur l'ensemble des gouverneurs musulmans. Donc, ceci est la plus sevère des voies parmis les khawaridj, car ils géneralisent.

 

 Sources : al-Ijaabaat al-Muhimmah fi Machaakil il-Mudlahimmah

source :

http://dourous.free.fr/

 

par salafidunord publié dans : Dossier sur les Takfiris
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Mercredi 24 janvier 2007

Voir : le-Takfîr wa Dhawâbituhu de Sheïkh Ibrahim e-Ruhaïlî (p. 31-37).

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,
et tous ses Compagnons !



À notre époque, le Takfîr a pris une ampleur qu’il n’avait jamais connue dans les siècles passés. Parmi les raisons et les causes à l’origine du développement de ce fléau et ayant contaminé certains milieux musulmans –non connus pourtant pour être affiliés à l’innovation – nous pouvons recenser certains mouvements contemporains qui à défaut de s’être imprégné de la Tradition, ils ont plutôt sombré dans l’hérésie et les ténèbres soit poussés par de mauvaises intentions soit par une mauvaise connaissance de la religion.

Ces mouvements ont engendré une génération de penseurs auteurs d’ouvrages communément qualifiés d’intellectuels, mais qui malheureusement ont corrompu la croyance de bon nombre de musulmans pour les faire dévier du droit chemin. Ces écrivains voient les sociétés musulmanes contemporaines comme de vulgaires sociétés païennes et infidèles ; elles auraient complètement délaissé l’Islam et affiché ouvertement leur hérésie. Aucun membre de la communauté n’échappe à leur jugement qu’il soit affilié à l’état ou au peuple, qu’il soit homme ou femme, jeune ou vieux. Toute une génération a reçu l’éducation de ses ouvrages et a cultivé dans son cœur certains germes de l’ « excommunication » globale de la nation musulmane, qui est devenue une croyance ancrée dans les poitrines. Il ne faut donc pas s’étonner des mauvaises conséquences que ces pensées ont entraînées.

Je n’ai pas la prétention ici de recenser tout ce qui s’est dit sur le sujet et je ne veux pas non plus m’étendre sur les exemples de Takfîr des sociétés musulmanes actuelles que ces écrits regorgent. J’aimerais juste me pencher sur certains passages des œuvres de Saïd Qutb –qu’Allah lui fasse miséricorde –[1] car il est l’Imam encensé chez beaucoup d’Ikhwân (adeptes des Frères Musulmans.[2] ndt.), ou chez certaines personnes influencées par leur mouvance. En outre, ses écrits bénéficient d’une plus large audience et d’un plus grand impact dans le public que ne pourrait le faire d’autres ouvrages ; ils sont arrivés à séduire certains gens qui se disent pourtant traditionalistes.[3] Il n’en demeure pas moins que les écrits des Frères Musulmans sont truffés d’expressions du même genre.

Saïd Qutb affirme dans Ma’âlim fî e-Tarîq :

« La question en réalité, c’est une question de foi et de mécréance, c’est une question d’association et d’unicité, d’Islam et de paganisme. Il faut absolument que cela soit clair… les gens ne sont pas musulmans comme ils le prétendent alors qu’ils vivent comme à l’ère païenne. Il y en a bien parmi eux qui aiment à se leurrer eux-mêmes ou à leurrer autrui en pensant que l’Islam peut être compatible avec le paganisme ; ils en ont le droit mais ce leurre ou cette duperie ne change en rien à la réalité des choses ; cela n’a rien à voir avec l’Islam et ces gens-là ne sont en rien des musulmans. »[4]

Dans Fî Zhilâl el Qur-ân, il a dit : « Le temps est revenu comme avant l’avènement de cette religion où « il n’y a de dieu en dehors d’Allah » n’existait pas. L’humanité entière a renié son dieu pour adorer de simples créatures et pour adhérer à des religions injustes ; celle-ci s’est détournée de La Ilâh illa Allah…

L’humanité dans son ensemble en comptant ces gens qui dans tous les recoins de la terre répètent du haut de leurs minarets La Ilâh illa Allah en vidant ces paroles de leur sens et de leur réalité… leur faute en sera plus lourde et leur châtiment sera encore plus terrible le Jour de la Résurrection pour avoir renier Dieu et s’être tournés vers de vulgaires créatures alors que la bonne voie leur fut tracée et qu’ils adhéraient auparavant à la religion d’Allah. »[5]

Il souligne également dans un autre passage :

« Il n’y pas aujourd’hui sur la surface de la terre un seul pays musulman ni aucune société musulmane où le code en vigueur serait la Législation d’Allah et la Loi islamique. »[6]

À travers ces exemples, il n’y a aucune interprétation possible sur la pensée de Saïd Qutb à l’égard des musulmans, en comptant leurs gouverneurs et leurs savants. Il n’épargne même pas dans sa condamnation d’apostais les Muadhdhins qu’il considère non seulement comme de vulgaires apostats mais qui endossent selon lui une plus lourde faute et qui méritent un plus dur châtiment que quiconque. Certains Takfiristes contemporains puisent de ce genre d’écrits leur pensée, qui est basée sur la condamnation d’hérésie du monde musulman. Leur pensée se traduit par les attentats terroristes et le meurtre d’innocents qu’ils perpétuent en terre d’Islam mais aussi dans des pays non musulmans.

De grands leaders Ikwâns font ce constat qu’ils n’ont pas manqué de mettre sur écrit à l’exemple d’el Qardâwî, l’auteur des lignes suivantes :

« Au cours de cette étape, les livres du martyr Saïd Qutb sont apparus au grand public. Ses écrits traduisent la dernière étape de sa pensée Takfîr lorsqu’il condamne les sociétés musulmanes d’apostasie. Il prône de couper les liens avec les autres et de brandir l’étendard du Jihad à l’encontre de tous les hommes. »[7]


Pour sa part, Farîd ‘Abd el Khâliq nous apprend :

« Nous avons précédemment mis en évidence que la pensée Takfîr a pris naissance dans la prison el Qanâtir auprès de chez certains jeunes Ikwâns entre la fin des années cinquante et le début des années soixante. ces derniers furent influencés par la pensée du martyr Saïd Qutb et de ses écrits. Ils y apprennent que la société à sombrer dans le paganisme. Les premiers concernés par cette condamnation, sont les gouvernants pour avoir tourné le dos à la Législation divine en appliquant d’autres loirs que celles révélées par Allah. Le peuple n’est pas plus épargné par cette condamnation pour se satisfaire de cette situation. »[8]


Dans son livre el Hukm wa Qadhiya Takfîr el Muslim, Sâlim el Bahansâwî fait la conclusion suivante :

« Saïd Qutb a repris certains passages d’el Mawdûdî qu’il a mis en évidence dans ses propres écrits, et plus particulièrement dans le septième tome du Zhilâl. Par la suite, certains se sont inspirés de ses dires et autres pour soutenir que les musulmans sont sortis de l’Islam. Ils prononcent selon eux en effet l’attestation de foi sans en pénétrer le sens et sans mettre en pratique les vérités qu’elle implique. Ils ont beau prier, jeûner, faire le pèlerinage et prétendre qu’ils sont musulmans, cela ne change en rien à leur état de mécréance. »[9]

‘Ali Juraïsha établit que les Takfiristes sont à l’origine, des Frères Musulmans qui se sont détachés du mouvement mère et qui ont par la suite sorti ses membres de la religion. Ce dernier précise notamment :

« Dernièrement, un groupe s’est détaché d’un grand mouvements islamique après leur séjour en prison. Or, ce groupe dissident s’est mis à taxer d’apostasie le mouvement mère pour s’être imprégné du Takfîr à l’encontre des gouvernants et des gouvernés avant de répandre leur jugement à la société entière. Par la suite, ce groupe dissident s’est scindé en de nombreux groupes en se taxant chacun les uns les autres de mécréants. »[10]

El Bahansâwî explique que ce grand mouvement s’est divisé en deux tendances dans leur rapport avec les musulmans :

1-Une de ses deux tendances : n’affiche pas dans son discours de Takfrîr à l’encontre de leurs opposants. Par conséquent, ceux qui n’adhèrent pas à leur pensée ne sont pas considérés comme des mécréants. Il est donc permis de prier derrière eux. Les femmes de leurs opposants ne sont également pas soumises à ce jugement. Il n’est pas nécessaire ainsi d’annuler les actes de mariage contractés avec elles.

2-L’autre tendance : se tient au principe de la « rupture franche » (el Mufâsala e-Salîhâ) avec la société. Ils affichent alors leur Takfrîr à l’encontre de leurs frères qui ne sont pas en accord avec leurs idées de Takfrîr ; le mouvement Ikhwân, leurs propres pères et mères n’échappent pas à leur « anathème ».

Cette dernière tendance est connue sous le nom de e-Takfîr wa el Hijra », mais eux-mêmes s’appelent Jamâ’a el Mu-minîn ou encore el Jamâ’a el Mu-mina. Quant à la première tendance, elle a choisi de ne pas afficher ses opinions conformément aux deux règles qu’ils s’imposent ; celle de la « rupture intérieure » (el Mufâsala e-Shu’ûriya) et de la conjoncture d’impuissance qui correspond à la période mecquoise. En réalité, cette pensée qu’el Bahansâwî cherche à accoler exclusivement au groupe e-Takfîr wa el Hijra, fait partie intégrante de la mouvance Ikhwân. Elle correspond à la croyance de Saïd Qutb.[11]

S’il n’a pas pu aller plus loin dans le raisonnement, c’est en raison de l’admiration immense qu’il éprouve à l’égard de Qutb, comme il en fait la preuve dans son livre où il essaye vainement d’innocenter Saïd de la pensée Takfrîr, [12] bien qu’il reconnaisse comme nous l’avons vu que cette fameuse pensée puise ses origines dans les écrits du « martyr » qui à son tour se réfère aux œuvres d’el Mawdûdî.

Saïd Qutb lui-même déclare qu’il incombe de se détacher de la société musulmane qu’il taxe de « société païenne », et même de s’isoler des mosquées qu’il considère comme des « temples païens ». Il dit à cet effet :


« Allah nous commande ici de s’isoler des temples païens et de prendre pour mosquées les maisons de la fraction musulmane où chacun se forme en vue de se mettre à l’écart de la société païenne. »[13]


Dans un autre passage, il assume :


« Il n’y a pas d’autre issu pour la fraction musulmane sur toute la terre afin d’échapper à la colère divine, que de rompre au niveau de la croyance, des sentiments, et du mode de vie, de la société païenne dont elle est issue. Et cela, jusqu’au jour où Allah permettra la fondation d’un pays musulman à l’intérieur duquel elle pourra se réfugier. »[14]


En réalité, le groupe e-Takfîr wa el Hijra n’est pas le seul mouvement à considérer que la nation musulmane a sombré dans l’apostasie et qu’il faille se comporter avec elle comme avec les sociétés païennes et non musulmanes. Saïd Qutb n’est pas le seul non plus à revendiquer cette pensée. Cependant, cette croyance est bien ancrée et bien répandues dans les rangs de nombreux responsables Ikhwânî.

Mohammed Qutb est sans doute la personne la plus renommée ayant brandi l’étendard du Takfîr. Ce dernier a consacré sur la question son célèbre ouvrage Jâhiliyat el Qarn el ‘Ishrîn où certains passages dévoilent sans détour que les musulmans d’aujourd’hui, quelque soit la classe de la société à laquelle ils appartiennent, sont retournées à l’ère païenne. Il avance en effet :

« Quant à la situation de ce que l’on désigne comme le monde musulman, celle-ci est légèrement différente de la situation en Europe. Ils se rejoignent néanmoins au bout du compte, comme se rejoignent les paganismes de tous les lieux de la terre et de toutes les étapes de l’histoire. Les différents paganismes se distinguent toutefois quelque peu sur certaines caractéristiques et certaines conjonctures qui sont propres à chacun d’entre eux.

L’Islam est devenue « étranger » dans le monde musulmane actuel comme il le fut à ses débuts lorsqu’il a vu le jour dans l’Arabie païenne, il est même plus bien étranger qu’à cet époque et il est rejeté par bon nombre de nos contemporains. Nous allons avancer pas à pas au cours de ce chapitre et faire un bout de chemin avec différents groupes d’individus afin de mettre en lumière la raison pour laquelle ils rejettent l’Islam. »[15]

Il en vint ensuite à citer parmi ces groupes d’individus qui selon lui ont rejeté l’Islam, les tyrans (Tâghût) qui dans sa pensée représentent les dirigeants nationaux, les artistes, les écrivains, les intellectuels, les conteurs, les présentateurs radios, et même la jeunesse (filles et garçons confondus).[16]

Il fait remarquer ensuite qu’il n’y a pas de différence dans ce rejet (collectif) de l’Islam entre les « orgueilleux » et les « faibles ».[17] Il ne pouvait ensuite que se poser la question suivante : « Que reste-t-il alors des musulmans ? »[18]

Question à laquelle il répond lui-même en guise de conclusion, lorsqu’il assume : « Nous avons vu à la lumière du savoir que toute cette génération a apostasié ! »[19]

Il lance cependant une lueur d’espoir à la derrière page de son livre en disant : « Proportionnellement à la mécréance actuelle…proportionn ellement à l’oppression que les gens subissent, et à l’injustice des tyrans, la lumière jaillira avec les effets prolifiques de sa lumière qui puise sa source dans les ténèbres. Demain, la religion d’Allah s’épanouira. » Malheureusement, les autres leaders Ikhwâns ne proposent pas mieux que les frères Qutb, mais faut-il s’en étonner car Saïd est l’Imam encensé, le réformateur, le Sheïkh el Islam du vingtième siècle aux yeux de ces leaders et de leurs adeptes. Comment pourraient-ils dans ces conditions en faire autrement ?

La situation d’el Mawdûdî et de ses partisans à l’intérieur et à l’extérieur de l’Inde et du Pakistan ne vaut pas mieux que celle des Ikhwâns. Certaines analyses démontrent au contraire que Saïd a puisé sa pensée Takfîr dans les écrits d’el Mawdûdî comme nous l’avons vu précédemment avec les paroles d’el Bahansâwî.

J’aimerais enfin prévenir les jeunes qui tiennent à leur religion, de se méfier de ses « ouvrages intellectuels » qui par leur nom démontre avant toute chose, qu’ils sont loin des préceptes de la religion. Ces livres en effet sont le fruit de la pensée. Autrement dit, ils ne font qu’exprimer les opinions et les réflexions de leurs auteurs. Ces ouvrages ne sont pas moins dangereux que ceux des savants scolastiques contre lesquels les anciens ont mis en garde. Ils sont même plus dangereux étant donné qu’ils ne reposent sur aucun texte scripturaire et ils sont avares de la lumière émanant de la compréhension des précurseurs de cette communauté. Ils se sont plutôt perdus dans les ténèbres de l’égarement et de l’innovation. Le signe révélateur qui les distingue, c’est leur envie constante d’enflammer les foules et de les pousser à la rébellion contre les autorités en place, sous prétexte qu’ils ne seraient plus musulmans. Ils éduquent ainsi la jeunesse à se détourner des sciences religieuses et des savants afin de se tourner vers l’actualité politique et de se jeter la tête en avant dans des troubles dévastateurs. Les mauvais effets de ses lectures sont tangibles dans toute la nation. Ils représentent un vrai danger pour avoir tourné la tête à un nombre incroyable d’individus dont Seul Allah peut en connaître le nombre, innâ li-lah wa innâ ilaïhi Râji’ûn !

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,
et tous ses Compagnons !


Traduit pour Islam.house par :
Karim ZENTICI

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[1] L’auteur fait le choix d’invoquer ici en faveur de la personne critiquée bien qu’il soit un innovateur ; plusieurs raisons peuvent motiver son choix : il peut chercher à démontrer qu’il ne condamne pas Saïd Qutb d’apostasie, il peut chercher, à défaut de ne pouvoir se rallier ses partisans, à leur faire ouvrir les oreilles afin qu’ils reçoivent à cœur ouvert le message de vérité. Il peut être motivé par d’autres raisons que nous n’évoquerons pas ici. Il faut savoir toutefois que ce procédé a ses limites car le lecteur peut aussi bien s’imaginer que cette formule est une forme d’hommage. Le mieux dans ce cas, c’est de peser entre le pour et le contre wa Allah a’lam ! (N. du T.)
[2] Xavier Ternisien est l’auteur d’une excellente analyse sur les Frères Musulmans mais il n’échappe pas –tout comme Pascal Ménoret un autre excellent « analyste » - à sa culture européenne en pensant que les savants de l’Arabie Saoudite à l’image de Sheïkh Rabî’ el Madkharî (qui pourtant est l’un des premiers à mettre le doigt sur l’un des plus grands « fléau » contemporains qui s’incarne en la personne de Saïd Qutb) sont de simples fonctionnaires au service de l’état et l’instrument idéal contre l’ « islamisme ». Mais peut-on en demander plus à un simple journaliste (comme il le dit lui-même) dont les analyses sont beaucoup plus pertinentes et objectives que bon nombres d’islamologues ! (N. du T.)
[3] À l’exemple de certains prêcheurs saoudiens comme Salmân el ‘Awda, Safar el Hawârî, ‘Âidh el Qarnî, et Nâsir ‘Umar (voir : Madârik e-Nadh fî e-siyâsa de Sheïkh ‘Abd el Mâlik Ramadhânî). (N. du T.)
[4] Ma’âlim fî e-Tarîq (p. 158).
[5] Fî Zhilâl el Qur-ân (2/1057).
[6] Idem. (2/2122).
[7] Awlawiyât el Haraka el Islâmiya (p. 110).
[8] El Ikhwân el Muslimûn fî Mizân el Haq (p. 115).
[9] El Hukm wa Qadhiya Takfîr el Muslim (p. 50).
[10] El Ittijahât el Fikriya el Mu’âsara (p. 279).
[11] Certains islamologues n’ont pas torts lorsqu’ils affirment que la pensée de Saïd Qutb est dans la lignée des grands réformateurs musulmans de la fin du 19ème siècle dont Mohammed ‘Abdu et Jamal e-Dîn el Afghânî sont les chefs de file. Mais de là à dire que ces réformateurs incarnent la Da’wa Salafiya contemporaine sur les traces de deux grands autres réformateurs (utilisé ici dans le sens laudatif du terme) que sont Sheïkh el Islam ibn Taïmiya et Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, c’est faire un amalgame impardonnable de la part de spécialistes en la matière qui ne se sont pourtant pas tous autoproclamés pour reprendre une expression chère à Vincent Gesseir. L’amalgame est d’autant plus intolérable lorsqu’ils assument qu’il faut rechercher les origines du Takfîr Qutbiste dans la pensée de ces deux Imams ! (N. du T.)
[12] Voir : El Hukm wa Qadhiya Takfîr el Muslim (p. 50, 56, 66, 73, 74, 76, et 112).
[13] Fî Zhilâl el Qur-ân (3/1816).
[14] Idem. (4/2122).
[15] Jâhiliyat el Qarn el ‘Ishrîn (p. 328-329).
[16] Idem. (p. 329-331).
[17] Idem. (p. 337).
[18] Idem. (p. 337).
[19] Idem. (p. 351).

Souce :

http://www.alminhadj.com/modules/news/

 

 
 
par salafidunord publié dans : Dossier sur les Takfiris
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Dimanche 14 janvier 2007

Voir : At-Takfîr wa Dhawâbituhu de Sheïkh Ibrahim e-Ruhaïlî (p. 31-37).

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,
et tous ses Compagnons !
L’origine du Takfîr (basé sur aucune preuve) remonte à très tôt dans l’histoire de l’Islam. Certains savants assument même que l’ « excommunication » de l’auteur d’un péché est la première innovation apparue dans les rangs des musulmans.

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya souligne à cet effet : « C’est pourquoi, il faut prendre garde à ne pas taxer les musulmans d’apostasie à cause de leurs erreurs ou de leurs péchés, car c’est la première innovation apparue dans l’Islam. Ces adeptes ont exclu les musulmans de la religion et ils se sont légitimés leurs biens et leur sang. »[1].

Les Kharijites sont les premiers innovateurs à s’être arrogés ce droit. Bon nombre d’entre eux comptaient dans l’armée d’Ali (t) à la bataille de Siffîn. Lorsque le dernier khalife et Mu’âwiya (t) s’en sont remis à l’arbitrage d’un tiers au mois de Ramadhan de l’année 37 de l’Hégire, les Kharijites se sont opposés à ce règlement. Ils ont dès lors blâmés à outrance le gendre du Prophète en lui lançant :

« Tu as pris des hommes pour juger à partir du Livre d’Allah alors qu’il n’y a d’autre Juge que Lui. » Ils l’ont ensuite explicitement « excommunié ».[2]

Abû el Hasan el Ash’arî a dit : « Les Kharijites sont unanimes à « excommunier » ‘Ali ibn Abî Tâlib pour s’être tourner vers le jugement des hommes.

Ils divergent toutefois sur la question de savoir si son apostasie porte sur l’association ou non. Quoi qu’il en soit, ils sont unanimes à dire que tout grand péché est un acte de mécréance à l’exception des e-Najdât qui n’adhèrent pas à cette opinion. »[3].

Selon certains grands hérésiographes, les Kharijites excluent de la religion à l’unanimité ‘Alî, ‘Uthmân, tous ceux qui ont participé à la bataille du Chameau, les deux arbitres entre les armées de ‘Alî et de Mu’âwiya, tous ceux qui consentent à cet arbitrage, et qui donnent raison à ces auteurs ou à l’un des deux. ils assument par ailleurs qu’il est tout à fait légitime de s’insurger contre les autorités en place.[4]

Après la bataille de Siffîn, douze milles insurgés se sont séparés de l’armée de ‘Ali pour se réfugier dans la montagne de Harûrâ ; c’est ainsi qu’ils furent nommés Harûrites. ‘Ali envoya ibn ‘Abbâs en vue de parlementer avec eux. la moitié d’entre eux sont revenus à la raison mais ceux qui restèrent pillaient les troupeaux et s’attaquaient impunément au sang des personnes. Ils ont assassiné ‘Abd Allah ibn Khabbâb ibn el Aratt, ils sont ensuite entré dans sa maison pour tuer son fils et sa mère qui était sa servante. Puis, ils firent campement à Nahrawân où ‘Ali les a rejoint à la tête d’un détachement de quatre milles hommes. une fois sur place, il dépêcha quelqu’un pour leur réclamer de lui livrer le meurtrier de ‘Abd Allah ibn Khabbâb, mais ils répondirent que toute leur bande est responsable de son crime. Dès lors, ‘Ali déclencha l’assaut et les passa tous au fil de l’épée à l’exception de neuf survivants qui réussirent à s’échapper. Sept soldats de l’armée de ‘Ali –ou neuf selon d’autres annales – sont morts au combat.[5]

Après la bataille, ‘Ali marcha au milieu des cadavres contre lesquels il s’écria : « Malheur à vous ! Ceux qui vous ont leurré sont à l’origine de votre malheur !

-Ô Prince des croyants ! Mais qui donc les ont-ils leurrés ainsi ?
-C’est Satan et leurs mauvais penchants ; ils les ont abusés par de vains espoirs, ils leur ont embelli la faute, et ils leur ont promis qu’ils seront les vainqueurs. »[6]

Le Prophète avait déjà mis en garde contre les Kharijites et leur prochain avènement. Il a par ailleurs encouragé de les combattre. D’après el Bukhârî et Muslim en effet, selon ‘Ali , j’ai entendu dire le Messager d’Allah :

« À la fin des temps, il y aura des hommes qui seront jeunes en âge et faibles d’esprit. Ils auront les meilleures paroles qui puissent être mais leur foi ne dépassera pas leur gosier et ils sortiront de la religion comme la flèche transperce sa proie. Combattez-les où qu’ils soient car il y aura une récompense le Jour de la Résurrection pour celui qui les aura combattu. »[7].


Bon nombre de Hadith blâment les Kharijites selon plusieurs aspects. D’après el Khallâl, l’Imam Ahmed a affirmé :

« Les Kharijites sont des gens mauvais ; je ne connais pas de gens plus mauvais qu’eux sur terre. Certains Hadith authentifiés du Prophète leur sont consacrés et ils les blâment selon dix aspects. »[8].

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya a fait savoir en commentaire à cette annale :

« Ces Hadith sont rapportés par Muslim dans son recueil eSahîh, Bukhârî en a aussi rapporté quelques-uns. »[9].

Les Kharijites sont donc les premiers adeptes de l’Islam connus pour « excommunier » les musulmans en raison de leurs simples péchés et pour taxer injustement leurs coreligionnaires de mécréants. Cependant, le Takfîr ne leur est pas caractéristique car les Rafidhîtes (communément appelés à tord shiites ndt.) qui sont plus mauvais qu’eux, s’associent à ces derniers dans cette tendance et dans d’autres croyances. Les Rafidhîtes en effet condamnent de mécréance les meilleurs membres de la communauté musulmane, qui sont les Compagnons du Prophète ; ils les considèrent comme de vulgaires apostats pour avoir assument-ils, négliger d’installer ‘Ali au pouvoir. D’après el Kâfî qui est considéré comme la plus authentique et le plus crédible de leurs ouvrages, Ja’far aurait déclaré :

« Après la mort du Prophète , les musulmans ont tous apostasié à l’exception de trois hommes : el Miqdâd ibn el Aswad, Abû Dhar el Ghifârî, et Salmân el Fârisî. »[10].


El Mufîd qui est l’une de leurs plus grandes références relève à l’unanimité des Rafidhîtes, que les Compagnons sont des mécréants, à travers ses dires :

« les Imamites, les Zaïdites, et les Kharijites s’accordent à dire que les traîtres et les tyrans parmi les gens de Bassora et du Shâm sont des Kuffars tous autant qu’ils sont et des maudits égarés pour avoir pris les armes contre le Prince des croyants. En raison de cela, ils périront éternellement en Enfer. »[11]

Les Rafidhîtes sont les pires parmi les innovateurs dans le domaine du Takfîr ; ils taxent impunément d’apostasie tous leurs opposants. Ils condamnent ainsi sans aucun scrupule la majeure partie des Compagnons, les Tâbi’în (leurs Successeurs) , et toutes les grandes références de la religion, comme le constatent tous ceux qui connaissent leurs croyances et qui se sont penchés sur leurs écrits.
Sheïkh el Islam ibn Taïmiya nous fait le constat suivant :

« Les Rafidhîtes taxent de mécréance Abû Bakr, ‘Omar, ‘Uthmân, la majeure partie des Muhâjirins (émigrés mecquois) et des Ansârs (auxiliaires médinois), et leur fidèles successeurs alors qu’Allah les agréent et qu’à leur tour ils L’agréent. Ils ont ainsi sorti de la religion la plupart des adeptes de la communauté de Mohammed parmi les premières et les dernières générations.

Ils considèrent comme non musulman toute personne convaincue qu’Abû Bakr, ‘Omar, les Muhâjirins et les Ansârs sont crédibles et justes, qui les agréent comme Allah les a agréés, ou qui leur implore le pardon d’Allah comme Lui-même a demandé de le faire. Ainsi, ils « excommunient » les grandes autorités de la religion musulmane à l’exemple de Sa’îd ibn el Musaïb, Abû Muslim el Khawlânî, Uwaïs el Qurnî, ‘Ata ibn Abî Rabâh, et Ibrahim e-Nakha’î. Il en est de même concernant Mâlik, el Awzâ’î, Abû Hanîfa, Hammâd ibn Zaïd, Hammâd ibn Salama, e-Thawrî, e-Shâfi’î, Ahmed ibn Hanbal, Fudhaïl ibn ‘Iyâdh, e-Sulaïmân e-Dârânî, Ma’rûf el Karkhî, el Junaïd ibn Mohammed, Sahl ibn ‘Abd Allah e-Tusturî, etc.

Ils estiment notamment que ces gens-là sont plus mécréants que les juifs et les chrétiens car il est plus grave d’avoir renoncé à sa religion que de n’y être jamais entré ; à l’unanimité des savants en effet l’apostat est plus condamnable que le mécréant d’origine. »[12]

Après avoir atteint les Kharijites et les Rafidhîtes, le Takfîr a contaminé les Mu’tazilites Qadarites dont l’innovation concernant le destin a pris naissance à la fin du siècle des Compagnons. Ceux qui étaient encore vivants à cette époque se sont d’ailleurs désolidarisés de cette hérésie et de ses adeptes.[13].

Par ailleurs, l’ « excommunication » en raison des simples péchés innovée par les Kharijites a suscité un nouveau débat concernant l’auteur d’un grand péché. Les Qadarites, qui se sont plongés sur la question, ont attribué le même statut que les Kharijites à cette personne, bien qu’ils se soient distingués d’eux sur le nom qu’ils lui donnent. Sheïkh el Islam ibn Taïmiya –qu’Allah lui fasse miséricorde – précise à ce sujet :

« Puis, à la fin du siècle des Compagnons, les Qadarites ont fait leur apparition. Leur incapacité à appréhender correctement le Destin d’Allah et la foi à Ses Commandements (obligations/ interdictions) est à l’origine de leur innovation… auparavant, les Kharijites se sont initiés sur la question du Takfîr des auteurs des grands péchés dans la communauté musulmane qu’ils condamnent d’entrer dans l’Enfer éternel.

La polémique à ensuite pris de l’ampleur pour s’étendre aux Qadarites après la mort d’el Hasan el Basrî. ‘Amr ibn ‘Ubaïd et ses disciples assument qu’ils ne sont ni des musulmans ni des mécréants mais qu’ils se trouvent à un état intermédiaire entre ces deux états (Manzila baïna el Manzilataïn) ; ils méritent malgré tout de demeurer éternellement en Enfer. En cela, ils rejoignent la croyance des Kharijites disant qu’ils demeurent à jamais dans la Géhenne, et qu’ils n’ont aucun lien avec l’Islam et la foi (Iman), bien qu’au même moment ils ne portent pas le nom de mécréants. »[14]

Ainsi, le fléau Takfirite (basé sur aucune preuve et aucune légitimité textuelle) n’a cessé de se répandre d’une secte à l’autre au point de devenir un signe distinctif de la plupart des tendances innovatrices. Selon ‘Abd el Qâhîr e-Baghdâdî en effet toutes les sectes dissidentes comme les Kharijites, les Rafidhîtes, et les Qadarites s’excommunient et se renient les unes les autres à tel point qu’après s’être réunis, sept innovateurs se sont séparés avec l’idée pour chacun que les autres membres de la réunion étaient tous des apostats.[15]

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya affirme :

« Bon nombre d’innovateurs à l’instar des Kharijites, Rafidhîtes, Qadarites, Jahmites, Mumaththilites (assimilateurs) ont des croyances erronées qu’ils s’imaginent correspondre à la vérité, tout en considérant comme mécréant quiconque s’opposent à celles-ci. »[16].

Il a dit également :

« Les « hérétiques » ont la particularité d’innover des tendances qu’ils considèrent comme les obligations de la religion, voir comme faisant partie intégrante de la foi ; ils taxent de mécréance et légitiment le sang de toute personne qui n’y adhère pas comme c’est le cas pour les Kharijites, les Jahmites, les Rafidhîtes, les Mu’tazilites, etc.

À l’inverse, les traditionalistes n’innovent pas de nouvelles idées et ne condamnent pas d’apostasie ceux qui commettent une erreur d’interprétation ou qui sont en désaccord avec eux bien qu’eux-mêmes se permettent de les condamner d’apostasie et de légitimer leur sang. Les Compagnons n’ont pas sorti les Kharijites de la religion bien que ces derniers ont taxé d’apostasie ‘Uthmân, ‘Ali et tous ceux qui ont reconnus leur autorité (ou qui s’en font les alliés ndt.), et qu’ils ont légitimé de verser le sang des musulmans. »[17]

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,
et tous ses Compagnons !

Traduit par :
Karim ZENTICI
Equipe alminhadj.com



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[1] Majmû’ el Fatâwâ (13/31), voir également : Sharh el Asfahâniya (p. 225).
[2] Voir : el Farq baïna el Firaq d’el Baghdâdî (p. 74-76), el Bidâya wa e-Nihâya d’ibn Kathîr (10/577), et Majmû’ el Fatâwâ de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya (13/208).
[3] Maqâlât el Islâmiyîn (1/167).
[4] Voir : el Farq baïna el Firaq (p. 73), e-Tabsîr fî e-Dîn d’el Isfarâniya (p. 45).
[5] Voir : el Farq baïna el Firaq (p. 75-78) et Majmû’ el Fatâwâ (13/208).
[6] El Bidâya wa e-Nihâya d’ibn Kathîr (10/588).
[7] Sahîh el Bukhârî (2930), et Muslim (1066).
[8] E-Sunna d’el Khallâl (1/145) ; selon l’auteur de la recension, sa chaîne narrative est authentique.
[9] Voir : Majmû’ el Fatâwâ (3/279).
[10] E-Rawdha min el Kâfî (8/245, 246).
[11] Awâil el Maqâlât (p. 45).
[12] Majmû’ el Fatâwâ (28/477, 478).
[13] Voir : e-Sunna de ‘Abd Allah ibn Ahmed (2/420), e-Sharî’a d’el Âjjurrî (2/851), Sharh Usûl I’tiqâd Ahl e-Sunna wa el Jamâ’a d’el Lalakâî (2/588).
[14] Majmû’ el Fatâwâ (13/36, 37).
[15] El Farq baïna el Firaq (361).
[16] Majmû’ el Fatâwâ (13/466, 467).
[17] Manhâj e-Sunna (5/95), voir certains passages importants des paroles de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya allant dans ce sens, dans Majmû’ el Fatâwâ (19/73-75), Manhâj e-Sunna (5/158 et 239, 240), e-Rad ‘ala el Bakrî (2/487-490).

 source :

http://www.alminhadj.com/modules/news/

 

par salafidunord publié dans : Dossier sur les Takfiris
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