Jeudi 13 mars 2008

Voir : madârik e-nadhar fî e-siyâsat e-shar’iya de Sheïkh ‘abd el Mâlik Ramadhânî.

 

Toute opposition au Prophète ( ) est non seulement vouée à la défaite mais celle-ci s’avère hâtive en raison des divergences qui surviennent entre ses opposants. Ibn Sa’d, Ahmed, el Baïhaqî, et autre ont tous rapporté d’après plusieurs chaînes narratives remontant à une multitude de Compagnons – les propos des uns se mêlent à ceux des autres – : « Le Messager d’Allah ( ) affirment-ils, envoya ‘Abd Allah ibn Hudhâfa e-Suhamî (l’un des six messagers) à Chosroês, le roi perse, porteur d’un courrier pour l’inviter à embrasser l’Islam. Je lui transmis la lettre du Messager d’Allah précisa ‘Abd Allah. Quant il l’eut entre les mains, il le déchira. Lorsque le Prophète () apprit la nouvelle, il implora : « Ô Allah ! Déchire son royaume ! » »1

 

Kisrâ (Chosroês) demanda de son côté à son gouverneur au Yémen d’envoyer deux de ses meilleurs sujets afin d’espionner cet homme qui faisait parler de lui au Hijâz et de lui rapporter ses nouvelles. Il confia cette mission à Badhân Quhrumân et un autre homme. Il leur joignit un courrier qu’ils emportèrent avec eux à Médine. Badhân remit la lettre au Prophète (). Le Messager d’Allah () se mit à sourire et les invita tous deux à se convertir alors que leur poitrine tremblait de peur. Dans une version, lorsqu’il vit leur moustache pendre sur leur lèvre, et leurs joues rasées, il détourna son regard et leur lança :

« Malheur à vous ! Qui vous ordonne de faire une telle chose ?

  • Notre seigneur répondirent-ils en faisant allusion à Chosroês.

  • Mon Seigneur à moi Tout-puissant m’ordonne de laisser pousser la barbe, et de couper les moustaches. Vous pouvez disposer pour aujourd’hui poursuivit-il. Revenez me voir demain, je vous ferais savoir quelles sont mes ambitions. Le lendemain, lorsqu’ils se présentèrent, il leur informa : faites savoir à votre supérieur que Mon seigneur s’est chargé de votre seigneur cette nuit. Ils le trouvèrent ensuite comme il leur avait annoncé. »2

 

Cette histoire révèle que le Prophète () fut averti de la ruine de Chosroês dont l’audace avait poussé à détruire son message sans aucune considération. Allah a décrété la fin pour quiconque serait tenté de porter atteinte à Son Messager en veillant à précipiter sa perte. Ton adversaire court à sa ruine.3 Le comble du destin, c’est qu’il est mort entre les mains de son propre fils comme le précise ibn Hajar dans el Fath. Cela souligne d’autant plus le côté miraculeux de cet événement dans le fait d’avoir non seulement insuffler la haine entre les membres d’une même nation, mais qui plus est entre les membres d’une même famille. C’est la concrétisation exacte du Verset : Nous avons insufflé entre eux la haine et l’animosité jusqu’au Jour de la Résurrection.4

 

Tu peux comparer en parallèle le sort qu’Allah a réservé au César romain dans l’histoire relatée par el Bukhârî et autre où ce dernier affirma en s’adressant à Abû Sufiân : « …si ce que tu me prétends est vrai, il s’emparera bientôt de ce qui soutient mes deux pieds. Je savais qu’il devait arriver prochainement, mais je n’aurais jamais deviné qu’il serait issu des vôtres. Si j’étais convaincu de pouvoir le rejoindre sans peine, je serais allé à sa rencontre. Une fois auprès de lui, je lui aurais lavé personnellement les pieds… »5

 

Ibn Taïmiya a judicieusement fait remarquer : « le Prophète () a respectivement envoyé un courrier à Chosroês et à César. Bien que tous deux aient refusé de se convertir, César est toutefois resté respectueux envers sa lettre et son messager. C’est pourquoi, son royaume s’est perpétué. Paraît-il que sa descendance jouit toujours autant du privilège de la royauté. Par contre, Chosroês s’est permis de déchirer son courrier et s’est en plus moqué du Messager d’Allah (). Il n’a pas fallut longtemps avant qu’Allah se charge de lui sans épargner son royaume qui a connu une déchirure pour toujours. Aujourd’hui, il n’a plus aucun héritage. Cela semble être –mais Dieu Seul sait – la concrétisation exacte des Paroles d’Allah : Ton adversaire court à sa ruine.6

Quiconque s’interpose sur son chemin et lui voue la haine et l’animosité court à sa disparition fulgurante de sorte qu’il ne laissera derrière lui plus aucune trace. Ce Verset serait descendu au sujet d’el ‘Âs ibn Wâil ou de ‘Uqba ibn Abî Mu’ît ou encore de Ka’b ibn el Ashraf. Tu as pu voir quel sort Allah leur a réservé. Si comme le dit le dicton la viande des savants est empoisonnée, alors que dire de la viande des Prophètes ! »7

 

Tu peux faire le lien dis-je, entre la pérennité du royaume d’Héraclius et ses propres paroles après avoir lu la lettre du Prophète (), comme le précise la version précédente : « Ô peuple romain ! Désirez-vous les clés du bonheur et de la raison, et que votre royauté perdure ? Vous n’avez qu’à suivre ce Prophète !… » Ibn Taïmiya a dit : « Dans ce registre, nous pouvons recenser ce que bon nombre de musulmans intègres parmi les gens d’esprit et d’expérience, l’expérience qu’ils ont vécue à maintes reprises au cours des différents sièges qu’ils firent autour des villes et des forteresses qui se situent le long de la côte du Shâm. Quand les musulmans de notre époque ont assiégé les romains (Banû el Asfar), ils ont affirmé : nous faisions un siège autour de la ville ou de la forteresse un mois ou plus sans que l’ennemi ne succombe. Quand nous perdions espoir, les habitants encerclés se mettaient pour une raison ou une autre, à insulter le Prophète et à ternir son honneur ().

 

Cela nous offrait opportunément l’occasion d’ouvrir les portes de l’ennemi le plus facilement du monde. Il ne fallait pas un jour ou deux tout au plus pour mettre fin à toute résistance. Le recours à la force était nécessaire et les affrontements étaient d’une violence extrême. Nous nous félicitions d’une victoire prochaine disaient-ils, si nous les entendions s’en prendre au Prophète (), bien que leurs propos ne faisaient que remplir nos cœurs de haine à leur égard en raison de ces insultes. Certaines personnes crédibles m’ont informé également que les gens du Maghreb connaissent pareille situation avec les chrétiens de la région. La Loi Universelle d’Allah veut que Ses ennemis périssent parfois par un châtiment venant de Sa part ou parfois des mains de Ses serviteurs croyants. »8

 

Traduit par :


Karim Zentici

1 La version de Bukhârî dans son recueil e-Sahîh (64) se termine ici. Néanmoins, l’invocation ajouté en complément est selon lui directement « expédié » au Prophète par l’un des Successeurs (Hadith Mursal).

2 Rapporté par ibn Sa’d (259-260/1), Ahmed (43/5), el Baïhaqi dans dalaïl e-Nubwwa (387-394/4). Voir : e-Sahîha de l’Albânî (1429), et sa recension de Fiqh e-Sîra d’el Ghazâlî (p. 388-389).

3 El Kawthar ; 3

4 Le Repas Céleste ; 64

5 Sahîh Bukhârî (7).

6 El Kawthar ; 3

7 e-Sârim el Maslûl (p. 164-165). Voir: el Fath d’ibn Hajar (44/1).

8 Idem. (p. 117).


 



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Jeudi 29 mars 2007


Ibn Qudâma al-Maqdissî

 


Sache que, l’Envoyé d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) représente le modèle parfait. Et il est bien connu que de toutes les créatures, il n’y a pas un être qui soit plus aimé que lui par Allâh (Subhânahu wa ta’âla). Pourtant Allâh - Subhânahu wa ta’âla - n’a pas retardé le terme de sa vie.

Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) « A subi les affres de la mort très durement ».


Al-Bukhârî rapporte dans son sahîh, d’après ’Aisha [rah] : « L’Envoyé d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) avait près de lui une outre contenant de l’eau. Il se mit à introduire sa main dans l’eau et à essuyer son visage en disant : « Il n’y de Dieu qu’Allâh. La mort a ses affres. »

De même, il est rapporté dans le sahîh d’al-Bukhârî, d’après le hadîth transmis par Anas : « Au momment de son agonie, le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) fut très éprouvé. Sa fille Fâtima se mit à dire : quel malheur, O père ! Il lui dit : plus d’épreuve pour ton père après ce jour. »

Ibn Mass’oûd (Radhiallâhu ’anhu) rapporte le récit suivant :


« Nous nous sommes retrouvés dans la pièce de notre mère ’Aisha. L’Envoyé d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) regarda et les larmes tombèrent de ses yeux. Il nous annonça sa mort puis il nous dit : soyez les bienvenus. Qu’Allâh vous salue avec la paix, qu’Allâh vous garde, qu’Allâh vous protège, qu’Allâh vous unisse, qu’Allâh vous assiste, qu’Allâh vous accorde la réussite, qu’Allâh vous apporte profit, qu’Allâh vous élève, qu’Allâh vous préserve ! Je vous recommande la crainte révérencielle d’Allâh et je vous recommande à Allâh, c’est Lui qui se charge de vous ! Nous lui avons demandé : O Envoyé d’Allâh ! A quand la fin de votre vie ? Il nous dit : la fin est proche. Le retour est vers Allâh, vers le Lotus de la limite, le paradis final et le haut Firdaws. Nous dîmes : O Envoyé d’Allâh ! Dans quel linceul devons-nous vous ensevelir ?

Il dit : dans mes présents vêtements si vous voulez ou dans un tissu yéménite ou un tissu blanc. Nous dîmes : O Envoyé d’Allâh ! Qui doit prier sur toi ? Et nous pleurâmes. Il dit : attendez, qu’Allâh vous prenne en Miséricorde ! Et qu’Allâh vous récompense par le bien pour votre Prophète ! Après m’avoir lavé et enseveli dans mon linceul, mettez-moi sur mon présent lit sur le bord de ma tombe, puis sortez et laissez-moi pendant une heure, car le premier qui doit prier sur moi c’est mon ami et bien aimé Djibrîl (’alayhi as-sallam), puis c’est Mikaël, puis Israfaël puis l’ange de la mort, puis une multitude d’anges. Ensuite entrez chez moi par groupes successifs. Priez sur moi et saluez-moi, mais ne me gênez par aucun éloge déplacé, par aucun bruit ou cri. Que les hommes de ma famille commencent par prier sur moi, ensuite leurs femmes, ensuite vous-même. Saluez ceux parmi mes compagnons qui sont absents ainsi que ceux qui me suivront dans ma religion jusqu’au Jour de la Résurrection. Et je vous prends à témoin que je salue tous ceux qui embrassent l’Islâm. » [1 ]


L’Ange Djibrîl (’alayhi as-sallam) vint le voir trois jours avant sa mort, et lui dit :


« O Muhammad ! Allâh m’envoie vers toi et te demande ce qu’Il sait mieux que toi et Il dit : comment te trouves-tu ? Il répondit : je me trouve affligé et je me trouve éprouvé. Djibrîl (’alayhi as-sallam) revint le deuxième jour, lui posa la même question et il reçut la même réponse. A ces instants l’ange de la mort [Malak al-mawt] se présenta et demanda l’autorisation. Djibrîl (’alayhi as-sallam) dit alors : O Muhammad ! voici l’ange de la mort qui te demande l’autorisation. Il ne l’a jamais demandée à un humain avant toi et il ne la demandera jamais à un humain après toi. Il lui dit : Donne-lui l’autorisation d’entrer et il entra. Il se mit devant lui, et dit : Allâh m’a envoyé vers toi et m’a ordonné de t’obéir. Si tu m’ordonnes de ravir ton âme je le ferai et si tu m’ordonnes de la laisser, je la laisserai. L’Envoyé d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) lui dit : tu ferais ça, O ange de la mort ? Il dit : c’est qu’on m’a ordonné de tobéir. Puis Djibrîl (’alayhi as-sallam) ajouta : O Ahmad ! Allâh aspire ardemment à toi. Il dit alors : Fais ce qu’on t’ordonne O ange de la mort ! A ces mots Djibrîl (’alayhi as-sallam) dit : Paix sur toi O Envoyé d’Allâh ! [as-Salâmou ’aileyka Yâ Rassoulou-LLâh] C’est mon dernier passage sur la terre. C’est toi qui était le but de mes venus dans ce bas-monde. » [2 ].


L’Envoyé d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) mourrut en étant adossé à la poitrine de son épouse ’Aisha (radhiallâhu ’anha) en portant n vêtement feutré et un manteau ample et épais. Sa fille Fâtima, se leva pour se lamenter en disant : O père ! Tu as répondu à l’appel de ton Seigneur ! O père, le paradis du haut Firdaws est le lieu de ton séjour ! O père ! à Djibrîl nous anonçons ta mort ! O père ! Combien tu es proche de ton Seigneur ! Puis, lorsqu’on l’a mis dans sa tombe elle dit : O Anas ! Comment vos âmes ont-elles pu accepter que vous versiez la terre sur l’Envoyé d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) ? [3 ]. [4 ] [5 ]


Notes

[1 ] Rapporté par Tabarânî - hadîth dha’îf djidân
[2 ] Rapporté par al-Bukhârî
[3 ] Rapporté par al-Bukhârî
[4 ] Ibn Qudâma al-Maqdissî, est Ibn Ahmad ’Abd ar-Rahmân Ibn Muhammad Ibn Ahmad Ibn Muhammad Qudâma al-Maqdissî, né à Damas en 1253. Il a étudié le hadîth et la jurisprudence Hanbalites avec son père qui était un grand Juge en magistrature [Qadhî al-Qudhâ]. Un savant Hanbalî de grande vertu, et d’une grande intégrité, il a appris dans beaucoup d’écoles à Damas. Il est l’auteur de grand ouvrages, tel que « al-Mughnî ’ala moukhtasar al-khalqî » en neuf volumes d’une grande jurisprudence Hanbalites, et aussi bien que d’autres étude dans le principes de Loi Sacrée, de la ’Aqîda [Croyance], de l’histoire, de la biographie, et du commentaire du coran [tafsir al-Qur’ân]. Il est mort à Damas en 1290.

[5 ] Kitâb « Mukhtasar Minhâj al-Qâsidîn » de Ibn Qudâma al-Maqdissî, p.491



Source :


Manhajulhaqq

 

http://www.fbs.free.fr

 


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Jeudi 29 mars 2007

Écrit par le savant Moubarakfouri

Dans la grotte de Hirâ

 
Aux environs de la quarantaine, le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  constata que ses méditations antérieures avaient élargi le fossé entre lui et son peuple et préféra la solitude. Muni de vivre et d’eau, il se rendait à la grotte de Hira, dans la montagne de la lumière ( Jabel An-Nour) située à peu près à 4 km de la Mecque.

Il s’agit d’une grotte agréable de 4 coudées de long et de 1.75 coudées de large. Il y passait le mois de Ramadan, nourrissait les pauvres qui les rejoignaient, passait son temps à l’adoration et à la réflexion sur la puissance créatrice qu’ils cachaient.

L’associationnisme absurde et les représentations inconsistantes de son peuple ne le rassuraient pas.

Cependant, il ne disposait ni d’une voie claire, ni d’une méthode définie, ni d’une démarche orientée pouvant lui apporter dans ce sens quiétude et satisfaction.

Son choix de la solitude était un aspect de la guidance d’allah à son égard, guidance destinée à le détacher des préoccupations d’ordre terrestre, du tumulte de la vie, des petites considérations dont les gens meublaient leur vie, aux fins de le préparer à la grande affaire qui l’attendait.

Ainsi, le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s’apprêter à endosser la lourde responsabilité, à changer la face du globe et à modifier le cours de l’histoire.

Pendant 3 ans, Allah le voua à cette solitude avant de lui faire porter Son message.

Le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se lança donc dans cette solitude pendant un mois au cours duquel il communiait avec l’esprit de l’univers.

Méditait sur le mystère que cachait l’existence, jusqu’au moment où sonna l’heure de traiter Avec ce mystère sous l’autorisation d’allah.
 
Jibril (Gabriel) descendit avec la révélation
 
Lorsque le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  eut 40 ans révolus-ce qui est la pointe de perfection à partir de laquelle, selon certain, Allah choisit Ses prophètes- les indices de la prophétie commencèrent à ce faire jour.

De ces indices, on note qu’une pierre de la mecque saluait le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  et que celui- ci ne faisait aucun rêve qu’il ne  vit se réaliser. Ces indices apparurent pendant 6 mois. La durée de la prophétie fut de 23 ans. Quant aux rêves vrais, ils constituent une des 46 éléments de la prophétie.

Au mois de Ramadan de la troisième année de solitude dans la grotte de Hira, il plut à Allah d’inonder l’humanité de sa clémence en choisissant Mohammed comme prophète et comme messager.

Il  envoya Jibril (Gabriel) lui révéler des versets du Coran.
Après observation et méditation des recoupements et des indicateurs, on peut identifier ce jour-là comme étant le lundi 21 du mois de Ramadan, dans la nuit, ce qui correspond au Dix août  610 G.

A l’époque, le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  avait exactement quarante années lunaires, 6 mois et 12 jours ou en d’autres termes 39 années solaires, 3 mois et 20 jours.

Ecoutons Aicha l’intime (qu’Allah soit satisfait d’elle) nous raconter l’histoire de cet événement qui, point de départ de la prophétie, commençait à repousser les ténèbres de l’impiété et de l’égarement
Au point de changer le cours de la  vie et aussi de modifier la perspective de l’histoire.

Elle dit : « les premières manifestations de la révélation chez  Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  furent des rêves profitables : Il ne faisait aucun rêve sans en voir la réalisation. Ensuite, on lui fait aimer la solitude.

A cet égard, muni de provisions, il s’isolait dans la grotte de Hira, fuyant l’adoration des idoles et se consacrant à Allah, s’approvisionnait  et repartait, ainsi de suite jusqu’au moment où la vérité apparut dans la cave.

Alors, l’ange se présenta  lui et dit : «  Récite ! »
« Je ne sais pas réciter » dit le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). L’ange le saisit et l’étrangla jusqu’au point de le mener à l’étouffement.
Ensuite, il le lâcha et reprit : « récite ! » Le prophète répéta : « Je ne sais pas réciter ». L’ange l’étrangla une deuxième fois au point de le mener à l’étouffement, après quoi il le lâcha et dit : « je ne sais pas réciter ». L’ange, le saisit une troisième fois et l’étrangla ensuite, il le lâcha et dit « récite ». Le prophète insista alors, il dit :

 
« Récite au nom de ton seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Récite, ton seigneur est le très noble »Sourate 'L'adhérence' verset 1, 2 et 3.

Le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  revint tout tremblant. Il se présenta chez Khadija, la fille de Khouwaylid disant : « Enveloppez-moi ! Enveloppez-moi ! » on l’enveloppa jusqu’au moment Où se dissipa sa frayeur. Alors il dit à khadija : « Qu’est ce qui m’arrive ? »

Celle-ci lui retraça la scène. Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  reprit : « j’avais peur pour moi-même » « non ! » Dit Khadija, « ma foi, Allah ne t’humiliera  jamais. Tu cultive la parente, composes avec tout le monde, assistes les nécessiteux, donnes l’hospitalité aux hôtes et aide à faire triompher la vérité ». Elle l’emmena chez son cousin Waraka ibn Nawfal ibn Asad ibn Abdil-Ozza.

Celui-ci était chrétien depuis l’époque antéislamique. Sachant écrire l’hébreu il écrivait aisément l’évangile dans cette langue. C’était aussi un grand sage qui avait perdu la vue.

Khadija s’adressa à lui en ces termes : « cousin, écoute ce que va te dire ton neveu ! » Warakah dit à mohammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  : « Neveu, que s’est-il passé ? »

Celui-ci lui décrit ce qu’il vit. Warakah reprit : « ça c’est la loi qu’Allah avait fait descendre sur Mousâ. Ah ! Si seulement j’étais jeune ! Si seulement j’étais en vie au moment où ton peuple te fera sortir ! ». Le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  dit : « vont-ils me faire sortir, eux ? ». « Oui » Répondit Warakah  ajoutant : « Aucun homme n’a jamais apporté quelque chose de semblable à ce que tu apportes sans s’exposer à l’inimitié et l’adversité ; Mais, si ce jour me trouve en vie je t’aiderai énergiquement. »
Ensuite, Warakah ne tarda pas à mourir. La révélation fut interrompue.
 
             La période d’interruption de la révélation 

Ibn Saad rapporte d’ibn Abbâs que la durée de la période d’interruption de la révélation fut de quelques jours. C’est cela le plus probable mais aussi ce qui se dégage après exploration de tous les aspects. Pour ce qui est de l’information répandue selon la quelle une telle période s’étendait sur trois ans ou deux ans et demi, elle ne saurait être vraie ; mais ce n’est pas ici le lieu de s’étendre sur sa réfutation.

Durant l’interruption, le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  resta affligé et triste, frappé d’étonnement et de stupéfaction. A cet égard Al-Boukhari rapporte dans son livre intitulé « Kitâb at-Tabîr » les propos ci-dessous :

La révélation s’interrompit un moment. Le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) selon ce que nous a communiqué, éprouva alors une telle tristesse et une telle amertume qu’il songea à aller précipitamment se jeter du haut des hautes montagnes. Cependant, toutes les fois qu’il était au sommet d’une montagne, prêt à se jeter dans le vide, Jibril (Gabriel) lui apparaissait et s’adressait à lui en ces termes : « Mohammed ! Tu es sans aucun doute le messager d’Allah  ». Cela le rassurait et  le dissuadait de son acte.

Lorsque l’interruption de la révélation lui paraissait longue par la suite, il tentait le même acte.

Toutefois, dès qu’il était au sommet de la montagne, Jibril lui apparaissait et lui répétait les même propos.
 
      Jibril pour la deuxième fois apporte la révélation 
 
Selon ibn Hajar, l’objectif de l’interruption de la révélation pendant des jours était de faire revenir le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de sa frayeur et aussi de lui faire retrouver l’envie de vivre. Dès que l’objectif fut atteint et que le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  se mit à attendre la suite de la révélation, Jibril revint pour la deuxième fois. D’après ce que rapporte Al-Boukhâri de Jabîr ibn Abdillah, il a entendu le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  parler de l’interruption de la révélation en ces termes : « Alors que je marchais, j’entendis soudain une voix appelant du ciel. Alors, levant les yeux, je vis le même ange qui m’était apparut à Hirâ, assis sur une chaise entre le ciel et la terre. Je fus tellement surpris que je roulai à terre. De retour à ma famille je m’écriai : « enveloppez-moi ! Enveloppez-moi ! » Et on m’enveloppa.

Alors Allah le très haut fit descendre les versets allant de : 
 
« O ! Toi (Mohamed) ! Le revêtu d’un manteau ! Lève- toi et avertis. Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur. Et tes vêtements, purifie-les. Et de tout péché, écarte-toi. » Sourate ‘Le revêtu d’un manteau’ versets 1, 2, 3, 4, et 5

Ensuite, la révélation se poursuivit, ininterrompue. Un autre hadith authentique mentionne : « j’ai séjourné pendant un mois à Hirâ ».
Après mon séjour, je descendais ; Mais lorsque je pénétrais dans la vallée … ( Ensuite le prophète mentionna ce qui précède.)

En d’autres termes il descendit après y avoir passé le mois de Ramadan. L’intervalle entre les deux révélations était de dix jours ; car le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  ne passa pas un autre Ramadan à la grotte de Hirâ  après la descente de la première révélation. Ces versets de la sourate de l’adhérence (Al-Alak) furent le point de départ de la mission. Leur postérité par rapport à l’événement de la prophétie s’apprécie sur la base de leur période de révélation. Ils comportent deux types de charge et précisent au prophète les attitudes à tenir :

1.       Le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  avait à charge de communiquer et d’avertir ; comme le laisse apparaître la parole d’Allah : «  lève-toi et avertis » dont le sens est « avertis les gens contre le châtiment que leur infligera Allah s’ils ne sortent pas de leur légèreté, de leur égarement, s’ils ne renoncent  pas à adorer autre qu’Allah et aussi à l’associer à d’autres dans son essence, ses attributs ses droits et ses actes.

2.     Le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  avait aussi à charge d’appliquer sur lui-même les ordres d’Allah, le Transcendant, le Très Haut de s’attacher à ces ordres pour obtenir, par ce biais, sa satisfaction et devenir le bon exemple pour quiconque croit en Allah.

   Cela apparaît dans le reste des versets :
·        « Et de ton seigneur, célèbre la grandeur » en d’autres termes célèbre exclusivement sa grandeur ! Et à cela n’associe personne ».
·        « Et tes vêtements, purifie-les ».  Le sens littéral ici est purification des vêtements et de corps car, bien sur, celui qui célèbre la grandeur d’Allah et se présente à lui, ne doit avoir aucune marque de souillure et de saleté. Si c’est une telle purification qu’on demande, à plus forte raison la purification des ordures de l’associationnisme ainsi que de la turpitude des actes et des caractères. La parole « et de ton péché, écarte-toi » veut dire : « Eloigne-toi de tout ce qui entraîne la colère d’Allah et détermine celui-ci à châtier et cela, en t’attachant à obéir et à éviter les actes de désobéissance ». La parole : « Et ne donne pas dans le but de recevoir davantage » signifie : « Ne pratique pas le bien pour ensuite en chercher rémunération chez les gens, ou viser à en avoir meilleure rétribution en ce bas monde ».

·        Quant au dernier verset « Et pour ton Seigneur, endure » il renferme un avertissement contre le mal que son peuple (à lui  Mohammed (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  ) pourrait lui faire si, professant une autre religion, il appelait à Allah et à Allah seul sans associé, l’avertissait contre la violence du châtiment que leur réserve celui-ci.

De surcroît, le début de la sourate englobe un appel sublime faite d’une voie éminente –choisissant Mohammed (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  pour porter l’illustre charge,  l’arrachant du sommeil, de son manteau et de la chaleur de son lit pour le mener au Jihâd, à la lutte et aux épreuves :
 
« O toi, le revêtu d’un manteau ! Lève-toi et avertis ».
 
        Tout se passe comme si l’on disait : « Ceux qui vivent pour eux-mêmes pourraient trouver le repos. Quant à toi qui portes ce lourd fardeau qu’as-tu à faire du sommeil ? Où trouveras-tu le repos ? Qu’as-tu à faire de la chaleur du lit, de la vie paisible et des commodités ? Debout ! Une grande affaire t’attend. Le lourd fardeau t’attend. Debout ! Au travail ! Fait des efforts, trime, fatigue-toi ! Debout ! Ce n’ait plus l’heure du sommeil et du repos ! Tu ne connaîtras désormais qu’insomnie continuelle et pénibles activités. Debout ! Prépare-toi pour cette affaire ! Sois prêt ».
 
        C’est donc une parole sublime et redoutable qui l’arracha de la chaleur du lit au cœur de la maison paisible, pour le pousser au large, entre les remous et les tempêtes, entre la pression et l’attraction que décrivaient la conscience des gens et la réalité de la vie.
 
Ainsi, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  se leva et ensuite resta debout pendant vingt ans au cours desquelles il ne connut ni repos, et ne vécut ni pour lui-même, ni pour sa famille. Il se leva et resta debout pour appeler à Allah et porter l’écrasant fardeau sans toutefois succomber, le fardeau de la grande loyauté, à la surface de cette terre, le fardeau de toute l’humanité, le fardeau de la croyance dans son entièreté, le fardeau de la lutte et du Jihâd.

A mener dans des domaines extrêmement variés. Le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  passa plus de vingt ans dans une bataille rude et continue. Au cours de cette période rien ne le détourna de son objectif, à savoir depuis qu’il perçut l’appel haut et sublime et reçut, par ce biais, la large redoutable. Puisse Allah le rétribuer en bien au nom de toute l’humanité.

 
 
 

Extrait du livre "LE NECTAR CACHETE" du professeur Safi Ar-Rahman al-Moubarakfouri, professeur de l'université salafite de l'Inde.
Edition Daroussalam (Ici, il n’y a qu’un extrait, je conseille les frères, et sœurs sincèrement de se le procurer.)



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Mercredi 28 mars 2007

Écrit par le savant Moubarakfouri

 
Le guide des messagers (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) naquit dans le carré de Banî Hachim à la Mecque au matin du lundi 9 Rabîa Al-Awwal, au début de l’année de l’épisode de l’éléphant, à la 40ème année du règne de Kisra et de Anoucharwân, ce qui correspond au 20 ou 22 avril 571 G, selon les estimations du grand expert Muhammad Soulayman Al-Mansourfouri et de l’astronome Mahmoud Bacha.

 
Selon ibn Saad, la mère du prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  dit : « Lorsque je l’ai mis au monde, il est sorti de mon sexe une lumière qui illumina les palais de la Syrie ». Ahmad, Ad-Dârimi et autres ont rapporté quelque chose de similaire. On a rapporté aussi qu’il y eut des signes de la mission prophétique à la naissance (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) . En effet, 14 balcons s’écroulèrent au palais de Kisra.
 
Le feu qu’adoraient les Rois Mages s’éteignit. Des églises s’écroulèrent autour du lac Sawa où elles plongèrent. Le rapport de ces signes est d’At-Tabari, d’Al-Bayhaqi et d’autres. La chaîne de transmission n’est cependant pas fixe et nette.
 
Après avoir accouché, Amina envoya auprès de Abdil-Mouttalib lui annoncer la naissance de son petit-fils. Réjoui par la nouvelle, il arriva prit le nouveau-né, l’amena dans la Kaaba, invoqua Allah et le remercia. Il lui choisit le nom de Muhammad, nom à l’époque inconnu des arabes.
Il le circoncit à son septième jour, comme le faisaient les Arabes.
La première femme à allaiter Muhammad après sa mère fut Thouwayba la captive affranchie d’Abi Lahab.
Elle l’allaita à un moment où elle allaitait son propre fils Masrouh.
Cette femme avait déjà allaité Hamza ibn Abdil-Mouttalib et ensuite Abou Salamah ibn Abdil-Asad Al-Makhzouni.
 

Muhammad chez Banî Saad

 
Les arabes sédentaires avaient coutume de chercher des nourrices pour les enfants pour éviter à ceux-ci les maladies de la métropole, les doter d’une forte constitution, de développer-leur muscles et leur permettre de comprendre l’arabe dès le bas âge. Ainsi, Abdil-Mouttalib chercha une nourrice pour le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et lui choisit une femme appartenant à Banî Saad ibn Bakr, à savoir Halima fille d’Abi Thouwayb dont le mari était Al-Hrith ibn Abdil-Ozza connu par abou Kabcha et appartenant à la même tribu.
 
Les frères de lait du prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) furent : Abdoullah ibn Al-Hârith, Anîsa bint Al-Hârith et Houthâfah ou Jouthâmah bint Al-Hârith plus connue sous le nom de Ach-Chayma’.
 
Halima fut la nourrice du prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  et d’Abi Soufyan ibn Al-Hârith ibn Abdil-Mouttalib cousin du Messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Son oncle Hamza ibn Abdil-Mouttalib était aussi en allaitement chez Banî Saad ibn Bakr. Sa nourrice allaita le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  seul jour alors que celui-ci était chez Halima. C’est pourquoi Hamza et le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sont aussi frères de lait dans deux sens : du côté de Thouwayba et de celui de Halima As-Saadiyya.
 
Cette dernière découvrit de la bénédiction du prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de quoi la mener à l’étonnement et à la stupéfaction. Elle raconta tout cela en détail :
 
Selon ibn Ishâq, Halima racontait qu’un jour elle sortit de sa bourgade avec son mari et un enfant en allaitement ; en compagnie aussi de femmes appartenant à Banî Saad ibn Bakr, à la recherche de nourrissons. C’était, dit-elle, une année dure. Il ne nous restait rien. Je sortis sur mon ânesse blanche. Nous avions aussi avec nous une chèvre qui, par Allah, ne donnait presque pas de lait. Nous n’avions pas dormi la veille à cause des cris de faim de l’enfant que nous avions avec nous ; ce qu’il y avait dans mes seins ne lui suffisait pas, encore moins le lait de la chèvre.

Toutefois, on espérait recevoir de la pluie et de la consolation. Je sortis donc sur mon ânesse qui était si faible et si maigre que les autres ânes la laissèrent derrière. Arrivées à la Mecque, nous nous mîmes à chercher des nourrissons, mais aucune de nous n’accepta de prendre le Messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dans la mesure où il était orphelin.

En effet, nous nous attendions à des actes de bienfaisance de la part des pères. Un orphelin ? Nous disions-nous. Que peuvent bien faire sa mère et son grand-père ? Voilà sur quelle base nous le détestions. Chacune des femmes qui m’accompagnaient avait trouvé un nourrisson sauf moi. Au moment de repartir, je dis à mon maris : « Par Allah je déteste renter avec mes compagnes les mains vides. Par Allah il me faut retourner prendre cet orphelin ».

Il répondit : « Comme tu veux. Il se peut qu’Allah nous le bénisse ». Ainsi, je partis prendre l’orphelin, faute de mieux et retournai à mes bagages. Je ne l’eus pas plutôt mis dans ma chambre que mes deux seins se gonflèrent de lait. Alors il assouvit sa soif et se mit à dormir, ce que son frère fit aussi après s’être rassasié, lui qui, auparavant, nous empêchait de dormir.

Mon mari de leva et se rendit auprès de la chèvre qu’il trouva avec beaucoup de lait dont il saisit  pour traire de quoi nous permettre de boire à notre aise. Cette nuit-là, nous dormîmes bien. Au matin mon mari dit : «  Tu sais, Halima, par Allah tu as pris quelqu’un de béni ». « Je l’espère », répondis-je. Ensuite nous sortîmes. Je montai alors sur mon ânesse, l’orphelin avec moi. Cette-ci était si active qu’elle dépassait tous les autres ânes.

Etonnées mes compagnes dirent : « Fille d’Abi Thouwayb, malheur à toi, doucement ! N’est-ce pas l’ânesse que tu avais en venant ? » Je leur répondis : «  Si c’est la même ». Alors elles reprirent. Par Allah, il y a donc quelque chose en elle. Nous arrivâmes chez nous, chez Banî Saad la plus infertile des terres que j’eusse jamais connues. Nous constatâmes cependant que nos brebis avaient beaucoup de lait alors qu’auparavant elles ne donnaient aucune goutte de lait. Aussi les sédentaires de notre peuple disaient-ils à leurs berges : « Allez faire paître les moutons là où fait paître le berger de la fille d’Abi Thouwayb ».

Leurs moutons étaient affamés et ne donnaient aucune goutte de lait alors que les miens étaient gras, producteurs de lait. Ainsi, Allah continua d’accroître nos faveurs et nos biens jusqu’au moment où Muhammad fut sevré à deux ans. L’enfant ne grandit pas de la même manière que les autres garçons, car, lorsqu’il atteignit ses deux ans, il était déjà assez solide.

Alors, je le rendis à sa mère, bien disposée à le garder, du fait de la baraka qu’il nous apportait. Je dis à sa mère : « Si tu laissais mon fils avec moi jusqu’à ce qu’il devienne plus solide, cela le préserverait des épidémies de la Mecque ». Celle-ci, aussitôt, nous autorisa à le ramener. Ainsi le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  resta chez Banî Saad jusqu’à l’age de 4 ou 5 ans, âge auquel eut lieu la fente de sa poitrine.

A cet égard, Mouslim rapporte de Anas, que Jibril s’était présenté au Messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  alors que celui-ci jouait avec les garçons. Il le saisit, le terrassa et fendit son cœur duquel il sortit une sangsue et dit : « Voici la part que Satan a de toi ». Il lava ensuite la sangsue dans une cuvette en or avec de l’eau de Zam-Zam, la banda et la remit à sa place. Les garçons se précipitèrent vers sa mère ( sa nourrice ) et dirent : « On a tué Muhammad ». Les gens accoururent vers lui et le trouvèrent pâle. Anas dit avoir vu l’effet de l’opération sur sa poitrine.
 
Retour de Muhammad chez sa mère
 
Après l’événement de la fente, Halima eut tellement peur pour la vie de Muhammad qu’elle rendit celui-ci à sa mère. Alors, l’enfant resta chez sa mère jusqu’à l’âge de six ans.
 
Commémorant le décès de son mari, Amina se proposa d’aller en visiter la tombe à Yathrib. Elle sortit de la Mecque pour un voyage long de 500 km, en compagnie de son enfant orphelin, Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), de sa servante Oum Ayman et de Abdil-Mouttalib. Elle resta pendant un mois à Yathrib avant de prendre le chemin du retour. A mi-chemin elle fut frappée d’une maladie qui s’aggrava tellement qu’elle en mourut, à Abwâ, entre la Mecque et Médine.
 
Muhammad à la charge de son grand-père
 
Aboul-Mouttalib ramena Muhammad à la Mecque le cœur rempli d’affection et de sympathie pour son petit-fils orphelin que venait d’atteindre un autre malheur, en plus du premier. Il ne le laissait jamais seul et le préférait à ceux-ci. Selon ibn Hicham, on avait l’habitude de placer un matelas autour duquel s’installaient les fils de celui-ci jusqu’à l’arrivée de leur père. Aucun de tels fils n’osait s’asseoir. Ses oncles voyant cela, avaient l’habitude de l’en écarter. S’apercevant qu’on l’écartait Abdil-Mouttalib disait : « Laisser mon fils ! Par Allah il est important ». Sur ces mots, il s’asseyait avec lui sur le matelas, lui massant le dos de sa main. Tout ce qu’il faisait le réjouissait.
 
A 8 ans, 2 mois et dix jours, Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)  perdit son grand-père Abdoul-Mouttalib à la Mecque. Toutefois, avant sa mort celui-ci l’avait confié à son oncle Abou Tâlib, frère germain de son père.
 
Muhammad chez son oncle Abou Tâlib
 
Abou Tâlib se chargea de la défense de son neveu de la manière la plus complète, le comptant parmi ses fils, le préférant même à ceux-ci, lui réservant un traitement de respect et de considération. Pendant plus de quarante ans, il l’affectionna et le soutint, assura sa protection, eut pour la défense de sa cause des amis et des ennemis.

 
 

Extrait du livre "LE NECTAR CACHETE" du professeur Safi Ar-Rahman al-Moubarakfouri, professeur de l'université salafite de l'Inde.
Edition Daroussalam (Ici, il n’y a qu’un extrait, je conseille les frères, et sœurs sincèrement de se le procurer.)



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Vendredi 5 janvier 2007

 

Al-Qadhî ‘Iyâdh (rahimahullâh)

- Le mardi 10 août 2004, par Ismail Ibn Hâdî

BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm


Abû Hurayra (radhiallâhu ‘anhu) rapporte que le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a dit : « Chaque fois qu’un homme invoque la paix sur moi, Allâh fait revenir mon âme [Roûh] afin que je lui rende le salam [la salutation de paix]. » [1]

Aussi, Abû Bakr Abî Chaybah rapporte d’après Abû Hurayra (radhiallâhu ‘anhu) que le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a dit : « Celui qui invoque la grâce d’Allâh sur moi près de ma tombe, je l’entends et pour celui qui invoque la grâce sur moi en étant loin, on me transmet son invocation. » [2]

Et il est rapporté de Abî Mass’oûd : « Certes Allâh a des anges voyageurs sur terre qui transmettent les salutations de ma Communauté. » [3] Et dans le même sens, cela a été rapporté par Abû Hurayra. Et il est rapporté de Ibn ‘Umar : « Multipliez les salutations de paix [as-Sallam] sur votre Prophète tous les vendredi, car cela lui est rapporté de votre part tous les vendredi. »

Et dans une autre version il est dit : « Il n’y en a pas un qui prie [sur le Prophète] sans que cela lui parvienne immédiatement. » [4]

Il est rapporté de Hassan que le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a dit : « Partout où vous êtes, faite la salutation de paix [as-Sallam] sur moi car votre salutation me parviendra. » [5]

Il est rapporté encore de Hassan Ibn ‘Alî : Lorsque tu entres dans la mosquée, passe la salutation de paix [as-Sallam] sur le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam). Car certes il (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a dit : « Ne faite pas de ma demeure un lieu de fêtes, ne faite pas de vos demeures des tombeaux [Qouboûr], et priez sur moi où que vous soyez, car vos prières me parviennent quel que soit votre lieu. » [6]

[...]

De même il est rapporté de Sulaymân Ibn Souhaym : J’ai vu en songe le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) et je lui ai demandé : « O Envoyé d’Allâh ! Ces gens qui te rendent visite [devant ta tombe] et te saluent, est-ce que tu perçois leurs salutations ? » Il me répondit : « Oui et je leur rends le salut. » [7]

Notes

[1] Hadîth Hassan [bon] - Rapporté par Abî Dâwoud et Ahmad

[2] Rapporté par SHeikh al-Albânî dans « Silsila adh-Dha’îfa » qui dit que son sujet est identique à ce qui a été rapporté par Ibn Cham’oûn dans « al-Mâlî »

[3] Rapporté par an-Nassâ-î, ad-Dârâmî et Ahmad

[4] Rapporté par Ibn Mâdja dans « al-Djanâ-îz »

[5] Hadîth Sahîh [authentique] - Rapporté par Abû Dâwoud, Ahmad, Abû Ya’lî, Ibn Abî ‘Âssam et at-Tabarânî.

[6] Rapporté par Abû Dâwoud et Ahmad

[7] Kitâb « ach-Chifâ bi ta’rif huqûq al-Mustafa » de al-Qadhî ‘Iyâdh, vol-2 p.97-98

http://manhajulhaqq.com/spip.php?article327

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